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Aux origines de la section de la LDH

Alors que nous célébrons les 120 ans de la Ligue des droits de l’Homme, voilà l’occasion de revenir sur les fondateurs de la section locale LDH de L’Haÿ-les-Roses – Val de Bièvre : le couple Henri et Thérèse Dispan de Floran.

Louis-Thérèse-DispandeFloran

Henri et Thérèse ont marqué de leur empreinte l’activité sociale et politique de L’Haÿ-les-Roses.  Cliquez ici pour avoir un aperçu de leurs actions.

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Violences sexuelles et sexistes : l’urgence d’une mobilisation

25nov2018

Le 24 novembre auront lieu, à Paris et partout en France, des marches à l’appel du mouvement « Nous Toutes ». Cette journée d’actions s’inscrit dans le prolongement des prises de parole courageuses des femmes, de la pression des mouvements féministes, de la vague médiatique #Metoo qui contribuent à sortir les violences sexistes et sexuelles du silence, du déni et de l’occultation. L’opinion publique est alertée et sensibilisée. Alors même que ces violences sont unanimement reconnues comme une atteinte massive aux droits fondamentaux, en particulier au droit à l’intégrité physique et psychique, il reste encore beaucoup à faire pour que la légitimité de cette parole soit reconnue et, surtout, suivie d’effets.

Les violences sexuelles et sexistes qui touchent les femmes de tous les milieux, de toutes les nationalités, dans toutes les sphères de la société (maison, travail, espaces publics…) constituent un des symptômes majeurs d’un ordre patriarcal et machiste qui perdure. A ce titre, elles doivent être combattues sans relâche et avec opiniâtreté.

Téléchargez ici la plaquette consacrée à ce sujet

Regarder notre passé, pour mieux bâtir l’avenir

La Fédération de la Ligue des droits de l’Homme du Val-de-Marne fêtait le 6 novembre à Choisy-le-Roi, les 120 ans de la LDH. L’occasion de rappeler les personnages et les moments forts qui ont marqué l’action de l’association dans le département.

LDH94-Maitron

Si au niveau national la Ligue des droits de l’Homme voit le jour en 1898 à l’occasion de l’affaire Dreyfus, dans les départements du Sud Est de la capitale, les premières sections locales se créent au début du 20e siècle (en 1901 à Joinville-le-Pont, en 1902 à Saint-Maur ou  Créteil, en 1911 à Ivry-sur-Seine…). Claude Pennetier, chercheur au CNRS et co-auteur du Maitron, le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français est revenu sur les anciennes figures marquantes de la LDH dans le département : le couple Louis et Thérèse Dispan de Floran à l’Haÿ-les-Roses. Louis, professeur, crée la section. A son décès, sa femme Thérèse, qui a beaucoup travaillé sur l’éducation des enfants, reprend la présidence. La section LDH est très dynamique et peut compter sur l’appui de Louis Pasquier, comme trésorier et Fernand Chapotot, comme secrétaire, qui, tous deux, seront maires de l’Haÿ-les-Roses. Dans le Val-de-Marne, les responsables de section sont souvent des élus. Il en est ainsi pour Edouard Carel à Villeneuve-le-Roi ou Jean Pécoup à Villeneuve-Saint-Georges. Claude Pennetier s’est ensuite attardé sur deux autres personnalités qui ont marqué très fortement le Val-de-Marne : Madeleine Rebérioux, ancienne présidente de la LDH, et Michel Fèvre, co-fondateur du Collectif national droits de l’Homme Romeurope.

LDH94-Frouin

La section de L’Haÿ-les-Roses ne se résume pas à l’action du couple Dispan de Floran. Loin de là. En effet, Jean Frouin est revenu sur les actions marquantes des 40 dernières années :
La lutte contre le racisme : il s’est exprimé localement en 1985 par la parution dans un journal du FN d’un article incitant à la haine raciale. Les forces démocratiques de la commune se sont mobilisées : partis politiques, syndicats, associations citoyennes (LDH, LICRA, MRAP, FCPE), confessionnelles, soit 18 organisations. Une déclaration commune intitulée « Halte au racisme » a été actée. Ce texte fondateur a servi de charte pour créer le Collectif antiraciste. Une plainte pour « incitation à la haine raciale » a été déposée par le MRAP et la LICRA qui a abouti à la condamnation du journal, lequel d’ailleurs n’a jamais reparu. Le collectif est à l’origine de la création de la première permanence d’accueil, d’aide juridique aux sans-papiers en 1988 à L’Haÿ-les-Roses. Il a mené de nombreuses actions toujours en lien avec la LDH devenue au fil du temps la cheville ouvrière du Collectif. Ainsi en 1993 a été lancée une campagne de dénonciation du programme du FN avec la parution de 5 tracts intitulés « Attention danger » largement diffusés sur les marchés.
La lutte pour le droit des étrangers est une constante qui traverse toute l’action de la section LDH. Par exemple, celle-ci est intervenue à plusieurs reprises auprès des 3 foyers de travailleurs immigrés de la commune pour dénoncer les conditions de vie souvent indignes, obtenir la création de comité de résidents, s’opposer aux expulsions. Le Centre d’hébergement des demandeurs d’asile de la commune de l’Hay devenu depuis un CADA a fait aussi l’objet d’interventions de la part de la LDH pour en dénoncer les conditions de vie. La section a réalisé en 1988 une enquête sur les conditions d’accueil des personnes étrangères et de traitement de leurs demandes à la sous-préfecture. Un étranger s’étant plaint du comportement à son égard du chef de service des étrangers, le sous-préfet a cru bon de porter plainte à son tour. Il a perdu le procès, perte confirmée en appel. Parallèlement les luttes des sans-papiers se sont développées au niveau du département, des collectifs de sans-papiers se sont constitués, et au moment de la circulaire Chevènement en 1998 les associations de soutien et les collectifs de sans-papiers ont constitué des centaines de dossiers portés collectivement à la préfecture au nom des « papiers pour tous ». A cette époque s’est créée l’ Association de Soutien aux Étrangers du Val-de-Marne qui était un regroupement des associations de soutien et des permanences de sans-papiers. C’est sous son égide en 2002 qu’est publié un Livre Blanc, qui dénonçait les pratiques préfectorales en matière de traitement des dossiers soutenu par de nombreuses personnalités. Ce document a fait l’objet d’une large diffusion, notamment auprès des maires et élus du 94.
La bataille du squat de Cachan à partir de 2004 a été une longue lutte dans laquelle la LDH a pris une part prépondérante dans sa conduite (plus de détail en cliquant ici).

Au final de cette soirée d’anniversaire, on ne peut que penser aux nombreux combats encore à mener pour les droits de l’Homme. « Nous constatons avec angoisse combien le socle des libertés commence à glisser. C’est pourquoi, nous devons encourager, nous investir dans la résistance citoyenne. Gardons nos aspirations de jeunesse » lance Josée Frouin. Rendez-vous dans 120 ans pour dresser un nouveau bilan des actions de la LDH et voir si nous aurons été à la hauteur de nos aînés ?!

 

 

 

Le Tribunal administratif de Melun ordonne l’expulsion du bidonville de Choisy-le-Roi. Laisserons-nous les familles roms à la rue ?

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Ce vendredi 2 novembre 2018 la décision rendue par le Tribunal Administratif de Melun donne raison au Préfet du Val-de-Marne et à la ville de Choisy-le-Roi : il ordonne l’expulsion des familles. Malgré les promesses d’hébergement d’urgence faites par la préfecture devant la juge, les familles roms vont-elles se retrouver à la rue malgré la trêve hivernale ?

Malgré l’instruction gouvernementale sur la résorption des bidonvilles parue le 26 janvier 2018, force est de constater que la politique de résorption des bidonvilles est de fait une politique basée sur l’expulsion, le rejet et la discrimination.

Nous dénonçons à nouveau toutes ces expulsions qui interdisent à chaque personne de s’inscrire dans un parcours durable d’insertion. La première urgence n’est pas l’expulsion mais l’accueil. L’État doit protéger toutes les personnes qui vivent sur notre territoire.

Nous savons par expérience que les hébergements qui sont proposés à quelques familles par les services de la Préfecture sont courts – 3 jours en moyenne – loin, sans possibilité de cuisiner et les familles seront à nouveau dans quelques jours à nouveau dehors.

Le collectif Romeurope 94 et la section de Orly-Choisy-Thiais de la Ligue des droits de l’homme appellent à venir soutenir les familles lundi 5 novembre matin à 6 h 45 à l’angle de l’allée des Mésanges et de la rue Labbé afin d’exiger que l’État prenne ses responsabilités en offrant à toutes les familles un hébergement pérenne et durable durant la trêve hivernale.

Les droits de l’Homme : des combats toujours d’actualité ?

Le jeudi 10 janvier 2019, à 20h, à la librairie des Points Communs (30 rue Georges Le Bigot à Villejuif), Danièle Lochak viendra échanger autour de la 4e édition de son livre « Les droits de l’homme » (Ed. La Découverte, 2018).

Juriste, ancienne présidente du Gisti, professeure émérite de droit public à l’Université Paris-Nanterre, Danièle Lochak débattra de l’histoire et de l’actualité  des droits de l’homme.

Soixante-dix ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, on peut en effet se demander si le concept des droits de l’homme n’est pas dépassé.

rencontre DL

 

Aucune réflexion n’est conduite sur les longues peines

Le cinéma La Tournelle de L’Haÿ-les-Roses accueillait le 18 octobre une projection-débat autour du film « après l’ombre » avec la réalisatrice Stéphane Mercurio et le président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, Me Henri Leclerc.

Stéphane Mercurio est revenu sur le déroulé du tournage. « C’est un film sur la confiance » a-t-elle souligné. en effet, les protagonistes se livrent librement  sur leurs conditions de détention et leurs sorties de prison. Pour Henri Leclerc, « ce film montre aussi la destruction à l’œuvre dans les prisons mais les témoignages prouvent également qu’au final l’homme est indestructible ».

Le débat a été aussi l’occasion pour Me Henri Leclerc de revenir longuement sur les prisons. « La prison ne devrait pas être une vengeance ni fait pour faire souffrir. Mais aujourd’hui rien n’est fait sur les longues peines. Les prisons devraient être des lieux qui aident à la réinsertion sociale mais elles fabriquent de la délinquance. La prison contribue à l’exclusion totale de la société des individus, à leur destruction« .

17 octobre 1961 : Vérité et justice

Ce 17 octobre 2018, la section de la Ligue des droits de l’Homme L’Haÿ-les-Roses-Val-de-Bièvre était présente au Pont Saint Michel à Paris pour rendre hommage aux victimes algériennes du 17 octobre 1961 et pour réclamer encore et toujours toute la vérité sur ces événements.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps :

– Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’État. Comme il vient de le faire pour l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française et pour l’existence d’un système de torture généralisé. Cette reconnaissance doit s’étendre aux milliers d’Algériens qui en ont été victimes (voir le site www.100autres.org)

– Que l’État français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps. La lumière doit être faite la lumière sur les soi-disant « retours vers leurs douars d’origine » des Algériens survivants du 17 octobre envoyés en fait dans des camps de la mort de l’Algérie coloniale.

– Que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens ;

– Que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

Comprendre où nous en sommes

Après la crise de 2008 qui a été résolue par le renflouement des banques européennes par plus de 960 milliards d’argent public, aucune sanction n’est venue condamner les politiques néolibérales qui ont conduit à cette crise, bien au contraire.

Les populations modestes et moyennes ont été contraintes d’accepter : déréglementation du travail, CDD en pagaille, privatisations, délocalisation des industries, chômage accru, conditions de travail dégradées, précarisation des conditions de vie, attaques permanentes contre le modèle social à travers les restructurations des services publics dans le seul but de réduire les dépenses sociales pour mieux faire grossir les bénéficiaires des baisses d’impôts et autres subventions au soutien des activités économiques.

Ces politiques encouragées par l’Union Européenne ont été mises en œuvre pendant 10 ans par des gouvernements de droite ce qui est normal, comme de gauche ce qui l’est moins…la gauche renonçant par son ralliement à l’économie de marché, à transformer la société vers plus de justice sociale, d’égalité, de fraternité.

C’est alors que dans cet espace politique laissé en jachère, s’installe l’extrême-droite qui reprend à son compte la contestation sociale de la mondialisation, de l’ Europe libérale, pour s’attirer avec succès les voix des laissés pour compte.

Cela montre que privilégier la défense des valeurs républicaines menacées par l’extrême-droite, ne suffit pas pour entraver sa progression ; il faut aussi que ces valeurs s’incarnent dans la justice sociale et l’égalité entre les citoyens.

Cette pénétration de l’extrême-droite dans la sphère socio-économique est une pure imposture car elle n’a pour rôle que de détourner les victimes de la crise de s’en prendre à l’oligarchie capitaliste qui mène le monde à la ruine sociale et écologique, en leur proposant pour défendre leurs intérêts matériels le bouc émissaire idéal : les immigrés.
Des études montrent en effet que « l’hostilité aux migrants croît d’autant plus que l’on voit sa situation dégradée par les coupes budgétaires pratiquées dans les programmes sociaux par les gouvernements …»* la xénophobie, le racisme, le refus de la solidarité deviennent alors des poisons mortels pour la démocratie et la République.

Cet avenir nous guette si les réformes continuent à être perçues comme étant au bénéfice des riches et des élites installées, entraînant « une désaffection croissante pour l’Union Européenne dont la raison première est le divorce entre les valeurs dont elle se réclame et les politiques qu’elle conduit.

Ces valeurs sont celles proclamées par la Charte des droits fondamentaux, selon laquelle : l’Union se fonde sur les valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d’égalité et de solidarité ; elle repose sur le principe de la démocratie et le principe de l’État de droit . Leur trahison concerne au premier chef le principe de démocratie mais il est aussi évident s’agissant du principe de solidarité ».**

Une autre Europe est donc possible. Construisons-là avec tous ceux qui montrent par leurs luttes quotidiennes un autre chemin que celui de la haine et du chacun pour soi.

* article « Aux racines du vote d’extrême-droite » in Le Monde éco-entreprise du 24/09/2018
** Article « Il est encore possible de réanimer l’Union européenne » in le Monde du 25/09/2018

Salah Hamouri : la fin d’une bien trop longue détention arbitraire

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La Ligue des droits de l’Homme se réjouit de la libération dimanche 30 septembre de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, incarcéré arbitrairement depuis le mois d’août 2017 par simple décision des autorités administratives israéliennes.

Elle déplore que les protestations internationales soient restées aussi longtemps sans effet, le gouvernement israélien ayant poursuivi dans la voie de l’injustice la plus absolue en maintenant en prison ce défenseur des droits des Palestiniens et ce sans autre raison que celle d’un pouvoir discrétionnaire.

Elle dénonce ces violations régulières du droit international. Une fois de plus, ce système de détention administrative qui bafoue le droit des détenus à un procès équitable, garanti par l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), a été utilisé impunément par le gouvernement israélien pour faire taire toute opposition démocratique.

La Ligue des droits de l’Homme partage aujourd’hui avec son épouse française, sa famille et tous ses soutiens, la joie de cette liberté enfin retrouvée.