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Bilan sommaire

Dans le cadre du projet conduit par 4 étudiants de l’IUT de Sceaux, une vidéo a été conçue pour sensibiliser aux droits de l’Homme. Ainsi, Giada Cerqui a mis en images la chanson créée et interprétée spécialement par Chanx : « Bilan sommaire ».

Paroles de la chanson :

Pourquoi c’est si dur d’admettre qu’entre les guerres et les trêves
C’est pas normal qu’un être humain crève
Dans la merde
J’ai les pieds sur terre des vies s’perdent dans la mer
Mais tout le monde est partant quand on a rien à perdre
Toujours les yeux vers le ciel, regard terne
J’me rappelle à l’ancienne j’voulais que ma vie serve
J’y ai vu des hommes à qui la donner
Mais elle nous a appris que donner c’est à perte
Occupe-toi de tes affaires là il est déjà tard trop occupé pour rétablir l’écart
J’viens d’là où l’on fait celui qui ne sait pas quand dans la rue un homme d’en bas vers le ciel part
Si s’asseoir c’est rare comme un vieux comme Fouras qui le fera quand feront rages toutes nos guerres de pouvoir
L’âme des hommes sautent parfois, du haut du plongeoir
Suffit d’un bonjour pour ne plus se dire aurevoir
J’ai vu des gars qui auraient pu être moi, s’faire kebar
Des daronnes et des gosses entasser dans des cars
Aller en enfer par chemin de fer et gare
Traiter comme bétail parce qu’un papelard nous sépare
Ce soir j’y pensais, mais j’t’ai dit qu’il était tard
Notre indifference c’est le pire dans tout ça
Pour mener la barque y’a personne à la barre
Mais qui oserait dire que le peuple ne sait pas
Que pendant que ma ville est fêtarde des gosses armés d’C4 éclatent comme des pétards
Entraîner dans le drame ils enchaînent les faits d’armes
Provoquent des marres de sang dont ils sont qu’les têtards
Comment s’traiter comme être si le but c’est plus d’être mais d’avoir
À chacun un toit mais un carton c’est qu’une métaphore
Donc considérons la vie à défaut de pouvoir dompter la mort

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La fraternité est un principe constitutionnel !

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En rappelant que la fraternité n’est pas qu’un mot mais bien une réalité juridique, le Conseil constitutionnel conforte celles et ceux qui tentent de la faire vivre aux côtés des étrangers.

La Ligue des droits de l’Homme se félicite de ce rappel. Elle espère que le gouvernement, le parquet et les juridictions de l’ordre judiciaire se plieront à la lettre et à l’esprit de cette décision en cessant de poursuivre abusivement ces hommes et ces femmes qui mettent en œuvre le principe de fraternité.

45 ans après

Le 11 septembre 1973, Augusto Pinochet renverse par un coup d’État militaire au Chili le gouvernement de Salvador Allende pour imposer une dictature qui durera 17 ans. Le chanteur Victor Jara, emblème de la culture populaire chilienne, qui fut arrêté, torturé et assassiné en septembre 1973 dans le stade de Santiago du Chili, symbolise la répression sanglante de cette période. Le 3 juillet 2018, plusieurs anciens militaires sont enfin condamnés pour ce crime.

Il aura fallu 45 ans pour que des militaires coupables de l’enlèvement et du meurtre de Victor Jara soient condamnés : 8 ont écopé d’une peine de 18 ans de rétention et un autre est condamné à 5 ans de prison pour complicité. A noter toutefois, que les condamnés peuvent encore faire appel. Par ailleurs, parmi les tortionnaires, un dernier, le lieutenant Pedro Barrientos vit toujours en liberté aux États-Unis : reconnu coupable d’avoir tué le chanteur par la justice américaine, celle-ci reste toutefois sourde depuis plusieurs années à la demande d’extradition du gouvernement chilien.

« La condamnation des criminels responsables de l’assassinat de Victor Jara, 45 ans après les faits, est tout de même une bonne chose, souligne Alicia Lira, présidente de l’association des familles de victimes de la dictature. Mais il reste encore plus de mille plaintes non résolues. Les criminels ne disent pas la vérité. Ils n’ont pas une pointe d’humanité et refusent, par exemple, de dire aux familles où sont les restes de leurs proches disparus. Des familles qui sont à leur recherche encore aujourd’hui ».

Durant la dictature de Pinochet, plus de 500 000 Chiliens fuient leur pays. Dix à quinze mille trouvent refuge en France, principal pays d’accueil en Europe, avec la Suède, à accorder le statut de réfugié aux Chiliens exilés. Ils jouissent ainsi d’une très grande mobilisation de la part de la société française.

Cette époque d’accueil et de solidarité semble aujourd’hui révolue quand on se réfère à l’attitude actuelle de la France, et de l’Union européenne, vis-à-vis des réfugiés et demandeurs d’asile !

Pour une politique migratoire respectueuse des droits fondamentaux et de la dignité des personnes

Le Manifeste des assemblées locales des États Généraux des Migrations qui porte cette déclaration, comporte une quarantaine de propositions concrètes pour répondre à « la crise des politiques migratoires ».

Les milliers de morts en mer Méditerranée, la honte de la jungle de Calais, du démantèlement des misérables campements de migrants, de l’abandon à son sort de
l’Aquarius, heureusement sauvé par l’Espagne, montrent les conséquences dramatiques du non respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine.

Cet « oubli » des droits de l’Homme commence aussi aux frontières. Ainsi Adeline Hazan, Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté, a rendu public mardi 5 juin un rapport suite à la deuxième visite inopinée d’une semaine au sein des locaux des services  de la police aux frontières de Menton (Alpes-Maritimes).

Le constat qui en est fait par cette autorité indépendante, est particulièrement sévère.
Les personnes contrôlées sont essentiellement des hommes seuls et des mineurs non accompagnés. Depuis la réintroduction du contrôle aux frontières en novembre 2015, plus de 30000 personnes majeures ont été non admises en 2016 et autant en 2017 et environ 9000 mineurs ont été non-admis en 2016 et plus de 10000 en 2017.

Extraits de la synthèse du rapport:
La majorité des interpellations a lieu à la gare de Menton-Garavan où la plupart des contrôles des voyageurs à bord des trains sont effectués au faciès par les forces de sécurité. Des pratiques de refoulement ont été observées par les contrôleurs, consistant à inviter des mineurs isolés et des familles à reprendre un train vers l’Italie sans qu’aucune procédure ne soit mise en œuvre.(…)
En journée, les personnes ne passent en général que quelques minutes à l’accueil,(…) Elles sont ensuite invitées à rejoindre immédiatement l’Italie à pied, munies de leur décision de refus d’entrée.
De nuit, les étrangers sont maintenus dans des locaux indignes.
Les mineurs et les femmes restent jusqu’au matin dans une « salle d’attente » pouvant accueillir jusqu’à trente personnes, dépourvue de tout confort minimal (quelques bancs ne permettant pas de s’allonger, un WC à la turque sans verrou).
Les hommes majeurs passent la nuit dans des structures modulaires à l’extérieur du poste de police jusqu’à l’ouverture du poste frontalier, dans des conditions indignes : quatre modulaires sans aucun mobilier dont le sol est sale, encombré de détritus, de cartons et de quelques couvertures non nettoyées sales ; trois sanitaires chimiques dans un état immonde.
Le rythme de nettoyage des sanitaires chimiques de la cour est insuffisant, une fois par semaine seulement en raison de la sur occupa-tion des locaux. La cour et les modulaires ne sont jamais nettoyés.
Aucune désinfection ni désinsectisation n’est organisée dans les modulaires. Les points d’eau installés dans la salle d’attente et dans la cour ne permettent pas d’assurer l’hygiène corporelle des personnes en attente. Aucun équipement (matelas, couverture…) n’est fourni pour dormir ou se protéger de la fraîcheur de la nuit.
De plus, les étrangers qui passent plusieurs heures de jour comme de nuit dans ces locaux ne bénéficient d’aucun repas.
Seuls quelques madeleines et des bouteilles d’eau sont distribuées à la demande, voire selon la bonne volonté des fonctionnaires de police.
Concernant le respect des droits, les conditions dans lesquelles les décisions de refus d’entrée sont renseignées et notifiées aux personnes étrangères les privent de toute possibilité d’exercer les droits afférents à leur situation (droit à un interprète professionnel, droit à faire avertir un proche, leur consulat ou un avocat, droit à consulter un médecin). A aucun moment au cours de leur mission les contrôleurs n’ont vu de policier lire aux personnes les décisions les concernant ou leur en expliquer en détail la teneur.
Par ailleurs, les éventuelles demandes d’asile ne sont pas prises en compte alors que les personnes interpellées à la frontière disposent du droit de déposer une demande de protection.
La prise en charge des mineurs isolés qui représentent près d’un tiers des personnes non admises à la frontière franco-italienne dans les Alpes-Maritimes, n’est pas ou très peu différenciée des adultes.
Les contrôleurs ont relevé que des mineurs isolés interpellés sur le territoire ont été réadmis vers l’Italie alors qu’ils ne peuvent en aucun cas faire l’objet d’une mesure d’éloignement. Quelques mineurs seulement (27, soit moins de 0,3% des mineurs interpellés à Menton) ont été confiés aux services de l’aide sociale à l’enfance entre janvier et septembre 2017. Selon la police aux frontières, les mineurs voyageant à plusieurs ou accompagnés d’adultes de la même nationalité ou parlant la même langue sont considérés comme « faisant famille ».
Le contrôle général des lieux de privation de liberté rejoint le Comité européen de prévention de la torture en ce qu’il recommande que « Les enfants non accompagnés ou séparés qui sont privés de liberté doivent obtenir rapidement et gratuitement l’accès à une assistance juridique, ou à une autre assistance appropriée, y compris la désignation d’un tuteur ou d’un représentant légal, qui les tient informés de leur situation juridique et protège effectivement leurs intérêts […]
L’objectif de réacheminement des migrants interpellés à la frontière franco-italienne par la police aux frontières s’apparente à une obligation de résultat : garantir l’étanchéité de la frontière dans le déni des règles de droit.
Dans ce contexte de pression politique, les fonctionnaires de police accomplissent leurs missions « à la chaîne ».
En tout état de cause, la prise en charge quotidienne des personnes étrangères s’effectue dans des conditions indignes et irrespectueuses de leurs droits.

Ne me dites plus Mercy…

Mercy © FRANCE 2
Mercy © FRANCE 2

L’actualité concernant la question des migrants en Europe ne cesse d’apporter son lot d’informations édifiantes sur fond d’examen par les députés puis par les sénateurs du projet de loi « Asile et immigration » dont on craint que la principale conséquence soit d’accroître, dans l’esprit des gens, la confusion entre les différentes catégories d’étrangers souhaitant s’installer en France.

Ainsi, un Malien sans-papiers installé en France depuis 6 ans s’est-il vu signifier par la préfecture de son département une Obligation de Quitter le Territoire Français, les attendus de l’arrêté indiquant qu’il avait troublé l’ordre public au motif que la police avait trouvé sur lui un joint lors d’un contrôle de routine.

Rappelons que, depuis le 20 octobre 2015, la détention en petite quantité ou la consommation de cannabis ne sont plus considérées comme un délit mais comme une simple contravention passible d’une amende de 300 euros maximum. Mais, quand on est sans papiers, ça devient un trouble à l’ordre public…

Toutefois, c’est une autre actualité, plus dérangeante encore, que nous souhaitons évoquer ici. On estime à 16000 le nombre de migrants naufragés en Méditerranée depuis 2013. Les deux musiciens du groupe « Madame Monsieur », désigné par les téléspectateurs de France 2 pour représenter la France à l’Eurovision 2018, ont choisi d’évoquer cette actualité dans leur chanson : « Mercy » : celle-ci narre l’histoire d’un bébé nigérian né en mars 2017 à bord de l’Aquarius, bateau de l’association SOS Méditerranée qui sillonne inlassablement la Méditerranée pour porter secours aux migrants qui prennent la mer sur des embarcations de fortune, essentiellement depuis la Libye.

Nul ne peut dénier a priori à cette chanson son intention humaniste de départ, nonobstant la simplicité du texte dictée par la mélodie accrocheuse, bien dans l’air du temps des ritournelles servies par Deezer et Spotify.

Toutefois, au-delà de son caractère empathique, cette chanson a été lancée comme un pur produit marketing de notre époque : matraquage sur France 2 en prévision de l’Eurovision 2018, story telling autour des tenues des musiciens dessinées spécialement par Jean-Paul Gaultier pour la cérémonie, clip standard comportant des changements de plan toutes les deux secondes, conformément aux conventions du genre, participation du groupe au spectacle ruisselant de lumières et d’effets spéciaux, diffusé en direct, de la Fête de la Musique à Nice le 21 juin entre Pascal Obispo et Kendji Girac, à grand renfort de « Mercy mercy….Nice, est-ce que ça va bien ?! ». On peut craindre, de ce fait, que l’intention initiale, louable, ne soit définitivement noyée dans les flots de paillettes de la société du spectacle.

En effet, les Français, tout en plébiscitant il y a quelques mois cette chanson, ne viennent-ils pas d’approuver à 56%, selon les sondages, le refus du gouvernement français d’accueillir les 629 migrants recueillis par l’Aquarius ? Ce paradoxe, reflet du caractère instantané et soluble de l’information aujourd’hui, confirme également le repli sur soit de la population française, à l’instar des autres nations européennes.

Époque désenchantée…

Laissez-les passer ! Marche solidaire pour les migrant(e)s

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De Vintimille à Londres, des citoyens traversent la France pour afficher leur solidarité avec les migrants. La marche solidaire pour les migrant.es passe dans le Val-de-Marne le dimanche 17 juin: le matin à Villeneuve-Saint-Georges, à 13 heures à Ivry-sur-Seine, accueillis dans le cadre de la fête de la ville, avec le parrainages d’élèves sans-papiers. La marche regagnera Austerlitz à 15 heures puis Bastille à 16 heures.

Commencée le 30 avril 2018 à Vintimille, la marche se terminera le 8 juillet à Londres. Elle a pour objectif de créer le dialogue avec les citoyens sur le sort réservé aux migrants.

Les participants marchent pour l’accueil des migrants, contre le « délit de solidarité », contre le blocage de la frontière franco-italienne et de la frontière franco-britannique. Ils réclament la liberté de circulation et d’établissement des migrants en Europe et en France.

Plus d’information : cliquez ici

Regards Croisés Chevilly-Larue

Abolir déjà les frontières qui sont à nos portes pourrait résumer l’action menée par la toute nouvelle association qui vient de se créer, Regards Croisés Chevilly-Larue.

Pierre Colin présente ici l’objet de cette association qui vise à apporter un accompagnement humain aux migrants du centre d’accueil et de coordonner les aides délivrées par les diverses associations mobilisées.

Des citoyens de Chevilly-Larue se sentent concernés par l’accueil et le vécu des migrants hébergés dans le Centre d’Accueil de Chevilly-Larue, entre autres. Des associations y travaillent déjà avec vigueur mais il paraît nécessaire de travailler à la participation de ceux qui le désirent à des activités municipales telles que sport ( foot, piscine, vélo, course..) musique, théâtre,activités artistiques, cuisine, lecture, jardinage…
Les lieux tels que médiathèques, théâtre, équipements sportifs doivent pouvoir les recevoir , chacun apportant les richesses de son origine !
Des familles ou des personnes peuvent leur faire découvrir la ville, les parcs (Roseraie, Sceaux…), des musées, la Marne et la Seine, la mer, la campagne..
Chacun peut aussi les accueillir chez soi pour un café ou un repas pour échanger sur les habitudes de nourritures, d’aménagement de l’espace et de décoration, de relations avec le voisinage…
On peut même penser au parrainage républicain qui est une marque d’intégration dans le cadre du respect des droits de l’Homme.
Une autre tâche de l’association est que les regards se croisent avec bienveillance aussi dans la population chevillaise qui est elle-même issue de l’immigration désirée ou forcée, économiquement en général : là, tous les réfugiés, qu’ils soient persécutés pour leur lutte pour le respect des droits humains, ou migrants pour des raisons économiques ou environnementales doivent recevoir de notre part de l’humanité, de la solidarité, de la fraternité.
L’association a pour objectif de sensibiliser la population pour accepter l’autre !

Pour contacter l’association : Pierre Colin – 06 07 43 33 94 – pierrecolin.corp@yahoo.fr

Rendez-vous dimanche 10 juin à Bourg-la-Reine

La section de la Ligue des droits de l’Homme s’associe à l’initiative d’Amnesty International autour des réfugiés. Rendez-vous est donné place Condorcet à Bourg-la-Reine le dimanche 10 juin de 10h à 20h.

Au programme : activités pédagogiques, exposition sur la situation des réfugiés de par le monde, mais également interventions et débats sur l’accueil des réfugiés en France et en Europe.

Le groupe local d’Amnesty international a convié à son événement la Ligue des droits de l’Homme, le CCFD Terre Solidaire, les participants aux États-Généraux de la Migration et l’association d’aide aux réfugiés de Bourg-la-Reine.

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Campements parisiens : nous demandons l’hébergement en urgence des personnes réfugiées

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A Paris, depuis près de dix semaines, plus de 2 400 personnes originaires pour la plupart de la corne de l’Afrique et d’Afghanistan vivent dans des conditions extrêmement précaires, réparties sur trois campements. L’un se situe en plein cœur de Paris sur les bords du Canal Saint-Martin, un second se déploie sur un nœud autoroutier à l’intersection des périphériques Nord et Sud et le troisième, le plus important, regroupe sous un pont 1 600 personnes à la porte de la Villette.

Les différents acteurs du secteur de l’urgence sociale présents sur les lieux constatent une dégradation très importante, jour après jour, de l’état sanitaire et psychologique de cette population. Chaque centimètre carré disponible est prétexte à tensions dans un climat d’extrême précarité.

Dans ces conditions et sans intervention rapide des pouvoirs publics, les drames sont inévitables. Récemment, deux personnes sont décédées par noyade. D’autres ont été admises à l’hôpital en urgence absolue suite à des agressions. Les conditions de vie indignes des migrants en errance et sans solution d’hébergement s’aggravent de jour en jour. La sécurité et la santé des personnes vivant sur les camps, mais aussi des acteurs associatifs et des riverains ne sont plus assurées.

Il y a, à partir d’une situation d’indignité totale, un grave problème d’ordre public qui se dessine. L’exigence de dignité, de simple humanité, de respect de nos obligations vis-à-vis du droit d’asile comme des droits fondamentaux de chaque être humain nous amène à demander aux pouvoirs publics une opération de mise à l’abri humanitaire d’urgence garantissant un hébergement digne dans la durée, avec accompagnement social et sanitaire. Laisser se détériorer cette situation ne peut être une option raisonnable en République.

Nous, signataires de cette pétition, en appelons donc à la sagesse et à la promptitude du gouvernement.
Ajouter votre nom à cette liste pour demander au gouvernement l’hébergement en urgence des personnes réfugiés : signez la pétition !

Pour la reconnaissance du crime d’État du 8 mai 1945

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En Algérie, le même 8 mai 1945 et les jours suivants, des manifestations pacifiques à Sétif, Guelma, Kherrata et la région ont été réprimées dans le sang ; des dizaines de milliers de civils Algériens ont été massacrés par la police, la gendarmerie, des milices armées par les autorités locales et l’armée Française aux ordres de l’exécutif. C’est après le déclenchement de cette répression que l’on a déploré à Sétif et aux alentours une centaine de victimes européennes.

Avant de devenir président de la République, le 5 février 2017, à l’occasion d’un déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a affirmé que la « colonisation est un crime contre l’humanité », et, interrogé par Mediapart, le 5 mai suivant, a répondu : « je prendrai des actes forts ». En ce 8 mai 2018, il est temps de passer des paroles aux actes.

Amputer notre histoire commune par l’occultation de ce crime d’État ne permet pas à la France d’en finir avec la page coloniale de son histoire. Si, le 19 mars, le président de la République a reconnu que le système colonial en Algérie était « injuste » et « niait les aspirations des peuples à décider d’eux-mêmes », il faut qu’il aille plus loin en disant la vérité sur les massacres du 8 mai 1945. Le geste symbolique fait à Sétif en 2015 par le secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la mémoire, J-M. Todeschini, demeure très en-deçà de cette demande.

En 2015, le conseil municipal de Paris a demandé à l’unanimité au chef de l’Etat de reconnaître ces massacres comme crimes d’Etat. Des vœux dans ce sens ont été adoptés par les villes de Rennes, de Nanterre et d’Ivry-sur-Seine (94).

Nous demandons : l’ouverture de toutes les archives, l’inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l’État et un soutien à la diffusion des documentaires relatifs aux événements dans l’Éducation Nationale comme dans les médias publics.