Fin de la trêve hivernale

Avec la fin de la trêve hivernale des dizaines de milliers de personnes, hommes, femmes, enfants, vont subir l’expulsion de leur logement sans solution de relogement. Suspendues depuis le 1er novembre 2017, le 31 mars 2018 les procédures d’expulsion pour impayés de loyer vont reprendre de plus belle.

En 2016, 128 146 jugements d’expulsion ont été rendus, 15 222 familles ont été jetées à la rue avec le concours de la force publique. Triste record, qui confirme la tendance de long terme, avec une augmentation de 140 % en 15 ans.
Ces 15000 ménages représentent environ 34400 personnes.
Il est essentiel de noter que nombre d’hommes, de femmes, d’enfants sont également expulsés (suite à une décision de justice) ou évacués (suite à un arrêté municipal ou préfectoral) de squats ou de terrains qui constituent leur domicile. Les 15000 personnes environ qui vivent dans les 573 sites (campements et bidonvilles) recensés en France en décembre 2017, sont potentiellement expulsables à partir du 31 mars.
Or ces expulsions, avec ou sans le concours de la force publique, ne s’accompagnant d’aucune obligation de relogement, les personnes se retrouvent à la rue. C’est alors le recours au 115 pour obtenir un hébergement d’urgence, aléatoire quand on sait que le 115 ne répond qu’à 50 % des demandes, par faute de places.
Cette crise du maintien dans un logement digne est une préoccupation majeure pour tous les ménages modestes dans notre pays. 76% des ménages locataires bénéficiaires des APL ont des revenus inférieurs au SMIC. Les chiffres des expulsions locatives n’ont jamais été aussi élevés et confirment que la flambée des loyers et charges est en totale déconnexion avec les ressources des ménages. Nous assistons en effet à un décrochage entre les dépenses de logement des ménages bénéficiaires et les aides : les loyers moyens des bénéficiaires ont augmenté de 32% entre 2000 et 2010, tandis que les loyers-plafonds pris en compte dans le calcul des aides n’ont été valorisés que de 15%.
Face à cette situation, la baisse des crédits de l’État en faveur des aides à la pierre notamment, traduit une politique du logement qui tourne le dos aux besoins sociaux les plus fondamentaux.
La Ligue des droits de l’Homme dénonce cette politique qui accroît les inégalités, exclut de l’accès au logement des millions de personnes à cause du manque de constructions et des prix trop élevés à l’achat comme à la location.
La Ligue des droits de l’Homme dénonce l’absence de volonté politique de rendre effectif pour tous le droit au logement.
La Ligue des droits de l’Homme considère qu’un habitat digne pour chacun, garanti par la solidarité du corps social, est un préalable à l’accès à une citoyenneté effective, combat permanent de la Ligue des droits de l’Homme.

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