Toucher à l’intégrité physique d’une personne sans son consentement est une atteinte aux droits de l’Homme

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La Ligue des droits de l’Homme se félicite de la libération de la parole des femmes qui va au-delà de la question de l’égalité entre les hommes et les femmes qui serait limitée aux révélations sur le harcèlement et les violences sexuelles à leur encontre.
La portée mondiale de cette prise de parole place enfin la question de l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines (politiques, économiques, sociaux, culturels, familiaux) au cœur de droits universels et indivisibles, dont les luttes des femmes sont à la fois l’illustration, l’aliment et l’avenir.
Le droit à la liberté d’opinion et d’expression en est un aspect, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948, dont les femmes se sont ainsi saisies, magistralement.
Au-delà de la dénonciation des injustices et des violations de la dignité, il s’agit de réclamer haut et fort une égalité réelle, fondée à la fois sur les luttes des femmes seules et sur les luttes communes avec les hommes.
Ce travail sur les structures sociales et les préjugés, sur le droit et sur les mœurs est nécessaire. Rappelons que rien qu’en France 53.000 femmes ont subit une excision, pratique sévèrement punie par l’art.222-1 du code pénal et aussi par l’art.24 de la Convention Internationale des droits de l’enfant.
Cette mutilation doit être éradiquée.
De par le monde les femmes luttent contre l’excision pratiquée encore dans certains pays sur les petites filles dès leur plus jeune âge. L’intervention, souvent longue et sans anesthésie, est extrêmement douloureuse. Le risque d’hémorragie et d’infection est très important du fait des dégâts anatomiques parfois considérables, et le retentissement ultérieur, fonctionnel, obstétrical et psychologique pousse l’OMS à faire campagne contre elle.
On estime selon l’OMS que plus de 200 millions de jeunes filles et de femmes, toujours en vie, ont été victimes de mutilations sexuelles pratiquées dans 30 pays africains, du Moyen Orient et de l’Asie où ces pratiques sont concentrées.
Toucher à l’intégrité physique d’une personne sans son consentement, ou par une pression sociale qui lui interdit de ne pas le donner est un problème d’éthique. C’est une atteinte aux droits de l’Homme, et en particulier aux droits de l’enfant.
L’égalité entre les femmes et les hommes est pour la Ligue des droits de l’Homme incontournable : elle participe du progrès social. L’exigence d’égalité et de dignité porte tout autant sur le respect de l’intégrité des corps que sur l’ensemble des domaines de l’existence. Laisser perdurer les inégalités, s’exercer les violences contre les femmes et les filles, c’est porter une responsabilité sur le fait que les idées rétrogrades progressent, que le patriarcat perdure.

Le harcèlement et les violences sexuelles comme l’ensemble des violences subies par les femmes appellent une prise de conscience durable et profonde qui embrasse l’ensemble des droits et interroge la civilisation dans son ensemble et sa diversité.

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