Grande guerre : réintégrons tous les oubliés dans la mémoire nationale

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Le centenaire de la Grande Guerre doit être l’occasion de réintégrer pleinement dans la mémoire nationale les fusillés pour l’exemple, les mutins de 1917, les volontaires étrangers engagés dans l’armée française et les soldats originaires des colonies.

Dès le lendemain de la Première Guerre mondiale, la Ligue des droits de l’Homme a dénoncé les injustices commises par les tribunaux militaires et obtenu la réhabilitation d’un certain nombre de fusillés pour l’exemple.

La Ligue des droits de l’Homme demande au président de la République, Emmanuel Macron, de marquer ce centenaire par un acte fort vis-à-vis de tous ceux qui n’ont pas encore été réhabilités, qui ont été victimes d’ordres arbitraires et injustes alors qu’ils voulaient, comme l’avait demandé Jaurès, être traités comme des citoyens sous l’uniforme. Leurs noms doivent être tous transcrits sur les monuments aux morts, leurs sépultures doivent être identifiées et dignement traitées, le transfert de leurs restes dans les communes dont ils étaient originaires doit contribuer à leur rendre justice.

Un travail est aussi nécessaire sur des questions insuffisamment connues de la Grande Guerre. En particulier celle des mutineries de 1917, qui ont affecté les deux tiers des divisions d’infanterie engagées sur le front, et de leur répression dans les bagnes coloniaux, compagnies de discipline et bataillons d’exclus, qui ont concerné des dizaines de milliers de soldats et provoqué beaucoup plus de morts que les fusillés pour l’exemple ; celle des engagés volontaires étrangers européens victimes de traitements brutaux dans des régiments de marche de la Légion étrangère ; celle des soldats coloniaux victimes de recrutements forcés, de promesses non tenues, d’un emploi inconsidéré et d’un quasi-abandon après-guerre ; et celle du recrutement, pour les usines d’armement, de dizaines de milliers d’indigènes coloniaux militarisés qui y ont connu une mortalité très élevée.

Parmi les nombreux « oubliés » des commémorations, rappelons nous notamment de deux soldats val-de-marnais, fusillés par la France : Lucien Jacquot et Auguste Eugène Défis, tous deux originaires de Vincennes. Le premier, soldat du 9e régiment de marche de zouaves, considéré comme déserteur, est tué en s’évadant le 18 mai 1917 à Coutecon (Aisne). Le second, soldat du 82e régiment d’infanterie et photographe dans le civil, est condamné par un tribunal militaire pour « abandon de poste en présence de l’ennemi et de désertion à l’intérieur en temps de guerre » et fusillé le 4 mai 1917 à Montigny-sur-Vesle (Marne).

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