Couverture des attentats : 2 poids, 2 mesures

Depuis le début de l’année 2017, c’est une centaine d’attentats qui a été revendiquée par Daesh, sur tous les points du globe. Mais desquels se souvient-on ? Se rappelle-t-on même le plus récent et, probablement le plus meurtrier de l’année, survenu à Mogadiscio en Somalie le 14 octobre 2017 -358 morts et 228 blessés ?

Probablement pas car, dans le flux quotidien de l’information-spectacle charriée par les différents médias, les télévisions comme la presse nationales ont à peine effleuré le sujet.

Ce désintérêt chronique des médias français pour tout ce qui se passe hors d’Europe, exception faite pour les États-Unis, a été illustré d’une manière particulièrement éloquente cet été.

En effet, pendant le mois d’août dernier, mois sans relief particulier durant lequel les rédactions recherchaient, comme chaque année, les sujets susceptibles de remplir le temps d’antenne et les pages des journaux papier, trois villes ont été le théâtre d’attentats meurtriers : dans la nuit du 13 au 14 août, un attentat dans un café de Ouagadougou (Burkina-Faso) faisait 19 morts, dont un Français et 21 blessés ; le 16 août, 3 femmes kamikazes se faisaient exploser à Kanduga (Nigéria), provoquant la mort de 28 personnes et faisant 80 blessés; le 17 août, une camionnette parcourait les Ramblas à Barcelone (Espagne), faisant 16 morts et une centaine de blessés.

Face à trois événements similaires, tant par la date de leur survenue, que par leur origine, revendiquée par Daesh, ou par leurs conséquences, le traitement médiatique, indigent pour la couverture de l’attentat burkinabè –une ouverture de journal le midi et le soir sur France 2-, quasiment inexistant pour l’attentat nigérian, a fait la part belle à l’attentat de Barcelone : ouverture des journaux pendant plusieurs jours sur les télévisions, édition spéciale le lendemain soir de l’événement sur France 2.

Cette dichotomie dans le traitement de l’information, en fonction de son origine, témoigne d’une indifférence coupable à la souffrance d’hommes et de femmes qui n’ont pas eu l’avantage de naître en Europe et, de ce fait, d’apparaître sur les images radar de notre information ethno centrée.

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