Faut-il dépasser le champ des droits de l’Homme ?

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La Ligue des droits de l’Homme et du citoyen est parfois critiquée pour son intitulé. Certains préféreraient voir apparaître « droits humains » ou de façon plus exacte « droits des êtres humains ». Mais est-ce encore trop restrictif ? Alors que le véganisme semble prendre de l’ampleur dans la société, s’appuyant sur le refus du spécisme, discrimination basée sur l’espèce, faut-il alors aller plus loin et élargir la défense des droits à ceux de l’espèce animale tout entière ?

Un ancien responsable de la LDH tranchait rapidement le sujet en précisant « je peux défendre un individu qui exprime, lui ou son entourage, clairement ses attentes. Mais un animal je ne sais ce qu’il veut ». Cette réponse est évidemment insatisfaisante car trop lapidaire. Et pourtant…

Dernièrement le journal Le Monde organisait à l’opéra Bastille, un débat sur le thème « Demain tous végans ? ». Les actions très médiatiques des activistes de L214 avec leurs vidéos chocs ou l’opération « Nuit debout » de L269 devant les abattoirs interpellent. D’aucuns voient en ces militants des lanceurs d’alerte pertinents. L214 met en avant une démarche de « paix et de compassion globale qui ne s’arrête pas aux frontières de l’espèce humaine », et milite « pour une égalité en droits et en égale considération pour tous les animaux ». L214 ne s’inscrit pas ainsi dans la même lignée que les associations « welfaristes » (comme CIWF, LFDA, PMAF)* attachées à améliorer le bien-être animal, avec lesquelles les agriculteurs progressistes cherchent à travailler. Les végans sont avant tout convaincus de l’urgence d’arrêter toute exploitation et cruauté envers les animaux, et donc de mettre fin notamment aux élevages quels qu’ils soient, même si un souci éthique est porté aux conditions de vie des animaux ou à l’environnement.

Renan Larue, créateur des vegan studies à l’université de Californie, co-auteur d’un Que sais-je sur le sujet** précise que le « véganisme n’est pas simplement un régime alimentaire comme le végétarisme ou le végétalisme mais est un mouvement social, politique qui se traduit par un refus de consommer et d’acheter des produits d’origine animale ». Et c’est aussi « un outil en faveur de la libération des animaux ». D’après Renan Larue, les végans seraient plus empathiques, plus sensibles aux causes humanitaires, plus investis dans le bénévolat. Il imagine une société mixte entre hommes et animaux, égalitaire en droits. Accordant ainsi aux animaux des droits négatifs (ne pas être exploité, enfermé, torturé ou tué) mais aussi des droits positifs, comme des citoyens.

Avec son large spectre d’actions pour l’égalité des droits de tous les citoyens, il y aurait un grand saut à franchir pour la Ligue des droits de l’Homme que d’aller jusqu’au… droit de vote des animaux ! Il serait alors là question beaucoup plus d’imagination que de simple utopie.

* CIWF France : Compassion in world farming – LFDA : La Fondation Droit Animal – PMAF : Protection mondiale des animaux de ferme
** « Le véganisme » de Valéry Giroux et Renan Larue (Ed. PUF – septembre 2017)
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