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Demain, le monde, comme hier ?

La mondialisation de la production et des échanges, champ de bataille de la concurrence entre les propriétaires du capital pour la maximisation des profits par l’exploitation des peuples les plus dominés, a réussi à faire du monde un paradis pour les riches, et un enfer pour les pauvres. Arrive soudain au sein de cette monstruosité, la crise sanitaire du coronavirus, une pandémie mondiale qui, dans notre pays, a accompli l’impensable : la protection de la vie humaine a primé sur les intérêts économiques ; c’est une première.
Mais ce renversement des valeurs produit par l’incurie de l’État, qui en l’absence de masques a dû confiner la population, qui aveugle aux luttes des personnels soignants qui durent depuis plus d’un an, n’a pas non plus assumé la crise de l’hôpital, risque d’être de courte durée.
En effet les tenants du néo-libéralisme qui sont au pouvoir, ont toujours répondu à ses conséquences en matière d’inégalités, de revenus, d’emploi, de droits, non par des réformes qui viseraient à terme à son dépassement, mais au contraire par des réformes dites de modernisation, qui n’ont pour résultats que de renforcer ses effets destructeurs (voir les réformes du droit du travail, de l’école, de l’hôpital, du logement…).
En sera-t-il demain autrement ?
La population laborieuse, celle des caissières, des aides soignantes, des travailleurs à domicile, des agents d’entretien… habituellement ignorée si ce n’est méprisée, a été portée sur le pavois, applaudie chaque soir, demande de meilleurs salaires, plus de personnel dans les hôpitaux et les EHPAD, des logements accessibles à tous, moins d’inégalités et de précarité…
Mais déjà tous ces travailleurs à 90 % salariés le plus souvent en CDD, sont sortis de l’actualité : Parmi ces oubliés, les travailleurs sans-papiers, précaires parmi les précaires, dont à aucun moment la régularisation de leur séjour n’ait été envisagée, alors que les emplois de service qu’ils occupent le plus souvent ont été en première ligne pendant le confinement. Cela peut attendre ! Au sens propre d’ailleurs, quand on sait qu’il faut des mois d’attente pour décrocher un rendez-vous dans les préfectures, uniquement par Internet, et presque deux ans ensuite pour obtenir un titre de séjour.
Mais la crise économique va aussi être mise à profit pour relancer le capitalisme sur de nouvelles bases : le capitalisme numérique, pour relancer la production dans de nouvelles conditions qui vont se traduire par des licenciements massifs.
Ce nouveau management a besoin pour réussir de la dimension européenne. C’est ainsi que l’UE, sous l’impulsion de Macron-Merkel propose de mettre en place des financements proches des mille milliards d’euros avec l’ambition d’ajouter à l’union monétaire, l’union budgétaire pour la solidarité entre les 27. Ce soutien sera conditionné à « un engagement clair par les États membres d’appliquer des politiques économiques saines, et un programme de reformes ambitieux » : C’est le plan de relance de la rentrée promis par le président Macron?
La crise sanitaire elle, va disparaître petit à petit, mais elle nous a fait entrer dans une période de libertés et de démocratie confinées. Le président de la Ligue des droits de l’Homme, Malik Salemkour, déclare dans une interview donnée au journal Le Monde du 27 mai, que « Nous restons dans une situation exceptionnelle, où le fonctionnement démocratique n’est pas normal, avec un exécutif aux pouvoirs exorbitants tandis que tous les contre-pouvoirs sont affaiblis.»… « Dans un Etat de droit le premier des contre-pouvoirs c’est le Parlement. Or il continue à avoir un fonctionnement dégradé, sans capacité de proposer la loi et en déléguant des pouvoirs au gouvernement jusqu’en début juillet »… « La multiplication des recours à la justice témoigne de l’échec du dialogue social, du dialogue civique et du dialogue politique. »… « Sur le fichier de traçage la justice a dû rappeler au gouvernement qu’il y a des contraintes strictes à respecter »… « Sur l’application stopCovid on est dans l’absurdité…On ouvre une boîte de Pandore pour un outil peu utile et qui porte gravement atteinte aux libertés. »
Big Brother vient de mettre le pied dans l’entrebâillement de la porte, encore un effort et bientôt il nous parlera à l’oreille pour notre plus grand bien évidemment ! La liberté alors réservée aux sourds…

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La crise que nous vivons, au-delà de l’hyper-crise sanitaire, illustre l’échec de la mondialisation libérale à satisfaire les besoins des peuples dans l’égalité et la justice. Les soulèvements populaires qui se déploient partout dans le monde expriment le rejet d’un modèle socio-économique élitiste qui favorise les inégalités, la corruption, la discrimination, les abus de pouvoir et les violations des droits.

A ces révoltes sociales répond la montée des régimes autoritaires voire dictatoriaux, et la progression partout de l’extrême-droite. En France, la crise paroxystique du Covid-19 a entraîné la mise en œuvre de l’état d’urgence sanitaire qui impacte fortement les libertés et le fonctionnement démocratique des institutions, sans que soit précisé son terme. Or l’expérience historique montre que le retour à l’état de droit antérieur ne se traduit jamais par l’ abrogation pure et simple de la loi et des ordonnances qui l’accompagnent. C’est un grave danger pour le fonctionnement démocratique de la société de voir renforcé le pouvoir personnel du chef de l’État et concomitamment l’affaiblissement du Parlement.

Soudain on semble retrouver bien des vertus aux services publics que des années d’austérité ont rendu exsangues, ce qui fait dire à Macron, aux antipodes de sa conception libérale de la société, que «la santé gratuite sans condition de revenu de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché». Pourtant il y a peu de temps la protection sociale nous coûtait«un pognon de dingue» …Alors aux orties le néo-libéralisme ? Non, le Président et la droite avec lui, ne peuvent sortir de leur mode d’analyse, à savoir le marché comme norme de toute vie sociale alors subordonnée à l’économie dont on connaît le corpus idéologique: Moins d’État et son cortège de privatisations et de délocalisations, moins-disant social, moins-disant fiscal et les inégalités non corrigées, libre-échange, court-termisme, consumérisme, moins de normes pour plus de liberté d’entreprendre, et in fine incapacité structurelle à prendre en compte le crise de la biodiversité et le réchauffement climatique, le tout pour le profit optimal du capital.

L’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements.Extrait du préambule à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789>>>> D’où la sortie proposée : plan de relance économique aux dimensions de l’Europe. Ce plan ne sera sans doute ni social ni écologique, et la conférence citoyenne ne s’y est pas trompée, en publiant sans attendre ses 50 propositions pour une transition sociale et écologique, craignant de n’être point entendue…Comme le disait Albert Einstein «on ne peut pas résoudre un problème avec le même mode pensée que celui qui l’a généré».

Ce constat s’applique aussi à la gauche de gouvernement convertie depuis longtemps au «marché», et le voudrait-elle, ne peut prétendre seule aujourd’hui développer une stratégie de rupture pour sortir de ce que la pandémie a mis en évidence: la crise d’un modèle démocratique qui allié au capitalisme libéral a enfanté de monstrueuses inégalités sociales. Alors ce qui était inaudible depuis longtemps pourrait reprendre de la vigueur:La nécessité de sortir des politiques ultralibérales génératrices d’inégalités, flagrantes par exemple dans l’accès au logement qui conditionne l’accès aux autres droits. Cela passe par des politiques nationales en faveur de la justice fiscale et sociale et de lutte contre le chômage et les exclusions; Les services publics en sont un élément central. Redonner aux corps  intermédiaires, notamment aux organisations syndicales, toute leur place dans la construction d’un État social capable d’assurer la sécurité et les mêmes droits pour toutes et tous.La nécessité aussi de mettre un terme aux politiques anti-migratoires de l’Europe qui génèrent à ses frontières des camps de réfugies dont l’indignité doit nous faire honte, de construire une politique d’accueil des immigrés et des demandeurs d’asile qui respecte la dignité des personnes et l’État de droit.

Sur le plan intérieur cesser de rendre toujours plus difficile l’intégration sociale des immigrés dont la crise sanitaire montre qu’ils sont les soutiers méprisés mais indispensables à la société. Quelques applaudissements aussi encourageants soient-ils, ne peuvent traduire l’émergence soudaine d’une conscience politique qui remettrait demain le monde à l’endroit. Mais si, comme le dit Alain Supiot «seul le choc avec le réel peut réveiller d’un sommeil dogmatique», alors à chacun de prendre sa part pour amplifier cette conscience encore balbutiante pour construire une vraie alternative.Face à cette résurgence possible d’une pensée et d’une action motivée par la volonté d’aller vers plus d’égalité et de justice, se dresse l’extrême-droite nationaliste qui a sa propre lecture du souverainisme, du protectionnisme , du made in France, et toute à son obsession de la lutte contre l’immigration voit notre salut dans la fermeture des frontières. Là est le vrai danger.

 

 

 

 


 

 

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