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C’est la rentrée… masquée elle manque de transparence !

Les derniers mois ont été très éprouvants, après un confinement de toute la population, jamais vu, et une reprise de l’activité hésitante et anxiogène. Notre vie quotidienne est durablement bousculée, les gestes barrières et les masques modifient nos relations sociales et une incertitude lourde pèse sur le futur qui annonce de noirs desseins économiques avec des plans sociaux opportunistes qui se multiplient, un chômage qui explose et une précarité accrue.
Le plan de relance annoncé à grands cris met certes de coté la vision ultralibérale des restrictions budgétaires mais n’en garde pas moins une confiance aveugle dans les « lois du marché » : l’obstination à promouvoir des contrats de libre échange comme le CETA est en contradiction avec le désir de réorienter l’économie par les relocalisations des activités.
Les transformations nécessaires nécessitent une dose de planification permettant de sortir des limites du modèle économique néo-libéral pour faire prévaloir les grandes orientations que se donne la société.
Ce ne sera pas la feuille de route du nouveau Haut Commissaire au Plan.
Autre caractéristique de ce plan entièrement tourné vers les entreprises : il ne prévoit rien ou presque pour contenir le creusement des inégalités engendré par la crise.
Face à cette situation extraordinaire, Emmanuel Macron a déclaré vouloir tout changer, ouvrir un nouveau cap pour un avenir radicalement différent.
En même temps, il déclare de manière martiale vouloir poursuivre de manière inchangée la politique qui l’a conduit au pouvoir en 2017, en promettant une nouvelle fois la main sur le cœur de plus concerter, de mieux écouter.
Pour cela, il a nommé un nouveau Premier ministre, Jean Castex, et joué aux chaises musicales au sein du gouvernement, reconduisant l’essentiel de l’équipe sortante et imposant un choix symbolique au ministère de l’Intérieur, qui heurte.
Manifestement, le Président de la République a du mal à comprendre ses concitoyens et ses concitoyennes, leurs attentes, et à voir ses propres responsabilités dans les tensions que vit la France.
Les leçons ne sont pas tirées des élections municipales, sur une participation civique d’un niveau exceptionnellement bas, sur une prise en compte effective des enjeux du climat et de l’environnement, sur une décentralisation imparfaite comme sur la place de contre-pouvoirs locaux et nationaux, à fortifier.
Jean Castex fait un constat d’échec cinglant envers son prédécesseur et comme envers le Président de la République : il faut « ressouder le pays » et « ces Frances si différentes ».
Si le constat est hélas juste, sa réponse est édifiante avec l’annonce d’une loi contre les « séparatismes », notion indéfinie et dangereuse en ce qu’elle risque encore de stigmatiser injustement une partie de la population française du fait de sa religion.
Pourtant, d’autres réponses sont possibles pour la paix sociale et renforcer l’unité nationale.
En écho à nombre de propositions associatives dont celles de la LDH, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, les détaille à la fin d’un mandat remarquable avec un appel à l’urgence à agir contre toutes les discriminations et avec des recommandations précises et opportunes sur le maintien de l’ordre afin de sortir du déni institutionnel des violences policières et du sécuritaire.
Claire Hédon, qui lui succède, aura une lourde tâche qu’elle portera avec ses qualités propres qu’on a su apprécier à ATD Quart Monde, partenaire de longue date de la LDH.
Elle aura notre plein soutien pour que ces mesures soient enfin mises en oeuvre.
De même, Adeline Hazan, qui a brillamment incarné pendant six ans la mission de Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, dresse un bilan sévère de la situation, particulièrement dans les prisons et dans les établissements de santé mentale, soumis à des contraintes budgétaires intenables qui conduisent à des atteintes insupportables aux droits fondamentaux des personnes concernées.
Nul individu ne peut en être exclu. Les ignorer ou les atténuer pour certains revient à bafouer les principes et les valeurs de notre République qui fondent et unissent la communauté nationale.
Les mêmes droits partout, pour toutes et pour tous, restent une boussole utile pour refonder une démocratie, sociale, environnementale et solidaire, tant au niveau local que national.

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